Profil

Consultant en criminalité, conférencier et chercheur au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).
Doctorant en Science politique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne) sous la direction du Professeur Jacques Soppelsa.

Contacts

Rizzoli Fabrice
mail : rizzoli@cf2r.org
06 63 75 78 53

Emissions de télévision

- C dans l'air, France 5, Naples, les ordures de la Camorra, vendredi 23 avril 2008.
- C dans l'air, France 5, Berlusconi, mon ami Sarko, mardi 15 avril 2008.
- Bouge la France, Public-Sénat, Le nouveaux parrains jouent la mondialisation, 29 mai 2007.
- C dans l'air, France 5, La guerre des casinos, 20 décembre 2006.
- C dans l'air, France 5, La mafia puissance mondiale, 2 décembre, 2006.
- Le monde d'Adler, Direct 8, Mafia, la pieuvre se mondialise,  19 novembre 2006.
- C dans l'air, France 5, Le parrain dans la bergerie, 21 avril 2006.

Publications

- Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines, "révoltes populaires" contre la mafia en Sicile : images pieuses médiatiques et réalité, mai 2008.

- Centre Français de Recherche pour le Renseignement, de 2005 à 2007 : 8 articles cf2r.org
- "
Mafia et trafics de drogue : le paradigme Cosa nostra ", Hérodote n°112, Géopolitique des drogues illicites, 1er trim. 2004.
- La Criminalité organisée en Europe (Milan, Paris, Barcelone). Commission Européenne, Rapport Falcone, Omicron, 2002.
- " L'Etat italien face au terrorisme mafieux ", Etat et terrorisme. Actes du colloque de Paris organisé par  Démocraties, éditions Lavauzelles, 2001.
- Les Mafias et la fin du monde bipolaire, mémoire de DEA de sciences politiques, Université de Paris I, 1999.
- Les Mafias et le trafic de stupéfiants, mémoire de maîtrise de géographie, Université de Paris I, 1998.


Conférences

- "Analyse du comportements mafieux", CERPAC-ESAC, Université de Haute Alsac, 20-21 mai 2008.
- "Les femmes et les mafias", Ermont, 11 décembre 2007.
- "Les relations politico-mafieuses", Centre National d'Etudes et de Formation de la police nationale, 6 juin 2007.
- "Les mafias italiennes et l'entreprise", Cercle de réflexion économique du Val d'Oise, 14 mars 2007.
- "Les organisations mafieuses", Institut de Géographie de Paris, mai 2004.
- "Le phénomène mafieux en Italie", Académy and Finance, Genève, 28-29-30 octobre 2003.
- "Mafia, Etat et Terrorisme", Démocraties, Sénat, 12 janvier 2002.
- "La criminalité organisée étrangère en France", projet Falcone, Omicron, Mairie de Milan, novembre 2001.


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Vendredi 18 juillet 2008

Au printemps dernier, Naples croulant sous les déchets, le monde ne voyait plus l’Italie comme le pays des musées. Une élection et une compétition de football après, un constat s’impose, l’Italie est le pays des «écomafias».

L’écomafia. Le mot apparaît en 1999 pour désigner les activités criminelles qui portent atteinte à l’environnement. On parle aussi de la criminalité environnementale. Pour l’année 2007, Legambiente, une association pour la protection de l’environnement, estime que les écomafias ont rapporté 18 milliards d’euros, dont plus de 50% aux quatre mafias italiennes. Les écomafias renforcent le pouvoir de la mafia sur son territoire et elles dynamisent leurs liens avec les institutions et avec les acteurs économiques.

«Archeomafia». Le mot désigne les trafics d’œuvres d’art par la mafia qui prélève souvent son butin à la source, sur les sites archéologiques.

«Zoomafia». Les mafieux organisent des courses clandestines de chevaux, des combats de chiens, et gèrent les paris clandestins ainsi que la commercialisation des produits dopants. Quoi de plus ? La zoomafia met facilement en évidence le contrôle mafieux du territoire. Les courses des chevaux se déroulent sur les routes départementales ou sur les plus importantes artères des villes, expressément fermées au trafic. Ainsi, en 2004, une course a même eu lieu sur le périphérique de Palerme !

Le «cycle du ciment». Ce circuit criminel regroupe les constructions sans permis, l’excavation illicite de matériaux de construction, comme le sable ou la terre, et l’infiltration des appels d’offres. En Italie, on commence d’abord par faire construire sa maison sans permis, ensuite on vote pour le centre droit qui promulgue une loi de régularisation. L’annonce de la régularisation incite alors les citoyens à construire sans permis. Et la droite reste au pouvoir…

Le «cycle des déchets» ou l’icône de la criminalité environnementale. Le système économique italien produit chaque année environ 108 millions de tonnes de déchets. Il s’agit de 28 millions de tonnes de déchets domestiques et de 80 millions de tonnes de scories industrielles. Pour la plupart, ces déchets ne sont pas traités. Une seule politique : la mise en décharge. Parfois ils sont emballés en attendant que l'on trouve le moyen de les traiter comme sur la photo.

Les entrepreneurs du Nord ont organisé le traitement illégal de leurs déchets :

- toxiques: ils sont déclassés à un niveau de dangerosité inférieur et sont déposés dans des décharges légales, ou bien ils sont employés comme fertilisants; ils peuvent aussi être abandonnés dans des hangars de propriété inconnue.

- classiques: ils sont déposés dans des décharges illégales. L’Italie en est parsemée. Celles-ci sont en général des carrières dont les entreprises «marrons» se servent pour s’approvisionner en sable, en terre ou en pierre, dans le cadre de cycle du ciment. Les déchets remplacent alors les matériaux de construction. En remplissant ces trous béants avec des déchets, les criminels dissimulent les excavations illégales.

- Enfin, les déchets peuvent être brûlés comme c’est le cas, notamment, en Campanie. La culture de l’illégalité étant généralisée en Italie, les dirigeants d’entreprises publiques se débarrassent aussi de leurs déchets avec l’aide de la mafia. Les écomafias sont un parfait exemple de convergence entre les mafias, les milieux économiques et des secteurs de l’administration.

Un cas d’école. La région de Naples est la plus peuplée d’Italie. Le tri sélectif s’élève à moins de 5 %. Les décharges publiques sont saturées. Les compagnies de ramassage des ordures sont souvent aux mains des clans de la Camorra bénéficiant d’un réseau de complicités. Les entreprises de la Camorra vont chercher les déchets du Nord et les déversent dans des décharges légales et illégales. Un repenti de la Camorra napolitaine déclarait devant la commission parlementaire antimafia : «Les ordures valent plus que l’or.»

Dans l’arrière-pays napolitain, seul le clan contrôlant sa zone a le droit de déverser des déchets. Celui qui le ferait sans l’autorisation de la famille mafieuse serait puni de mort. Ainsi à Ponticelli, le clan Sarno sous-traitait les écomafias à la communauté rom. Le clan faisait payer le pizzo, l’impôt mafieux, aux Roms pour les autoriser à habiter des baraques de fortune. Les mafieux permettaient aux Roms de faire le tour des petites entreprises pour récupérer les matériaux polluants età les en débarrasser contre une dizaine d’euros.

Le clan des Casalesi a recouvert la province de Caserta de décharges illicites. Désormais, de grandes quantités de déchets, surtout liquides et inflammables, sont brûlées pendant la nuit, libérant de la dioxine dans l’atmosphère. Nombre d’animaux des fermes environnantes ont été empoisonnés par les retombées chimiques. Les instances sanitaires ont fait abattre les animaux et ont retiré du marché les produits afférents à leur exploitation.

Biutiful cauntri. C’est un documentaire choc qui sort aujourd’hui dans les salles françaises (1). On y voit l’arrière-pays napolitain saturé de décharges. Il illustre le problème national de sécurité et de santé publique posé par les écomafias. En effet, le taux de cancer dans l’arrière-pays de Naples est le plus élevé d’Italie.

Les caméras d’Esmeralda Calabria, la réalisatrice, filment les camions venus du Nord pour décharger des scories industrielles sur des terrains fertiles. A l’aide d’écoutes téléphoniques, on peut entendre le cynisme d’une criminalité en col blanc qui fait alliance avec les mafieux sur l’autel de la rentabilité. Dans une scène-clef du film, un militant pour l’environnement demande à visiter une décharge publique. Le vigile lui refuse l’entrée au motif qu’il s’agit d’une propriété privée !

Et pourtant, on garde espoir. Raffaele del Giudice, le Don Quichotte du film, démontre que la société napolitaine dispose d’anticorps pour sortir de cette situation, mais la volonté politique manque…

par Falcone publié dans : Les "écomafias"
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Mardi 15 juillet 2008

« Biutiful cauntri ». C’est le nom d’un documentaire choc qui sort dans les salles le 16 juillet. On y voit l’arrière-pays napolitain saturé de décharges. Il illustre le problème national de sécurité et de santé publique posé par les « écomafias ». En effet, le taux de cancer dans l’arrière pays de Naples est le plus élevé d’Italie.
Les caméras des carabiniers filment les camions venus du Nord du  pays pour décharger des scories industrielles sur des terrains fertiles. A l’aide d’écoutes téléphoniques, on peut entendre le cynisme d’une criminalité en « col blanc » qui fait alliance avec les mafieux sur l’autel de la rentabilité. Dans une scène-clef du film, un militant pour la cause environnementale demande à visiter une décharge publique. Le vigile lui refuse l’entrée au motif qu’il s’agit d’une propriété privée !

Et pourtant, on garde espoir. Raffaele Guidice, le Don Quichotte du film, démontre que la société napolitaine dispose d’anticorps pour sortir de cette situation ; mais la volonté politique manque…

Conclusion : Tous au cinéma!

Retrouver la revue de presse en cliquant sur le lien suivant : Chrysalis film



par Falcone publié dans : "Cinema-fia"
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Samedi 12 juillet 2008
Le 8 juillet 2008, dans le cadre de l'opération "Metallica", la Direction des enquêtes antimafia (DIA) de Milan a procédé à l'arrestation de 24 personnes dont 6 d'entre elles sont accusées d'association de malfaiteur de type mafieux. Les arrestations ont eu lieu dans toute l'Italie. La DIA a aussi saisi plus de vingt tableaux de maître. Parmi les tableaux se trouverait un Modigliani représentant le visage d'une femme. Les autres tableaux dateraient du 17ème et du 18ème siècle et ils seraient l'œuvre de peintres espagnols et italiens. Il y aurait aussi une nature morte de l'auteur flamand Snyders et un « Vase de fleurs » de Bosschaert le vieux. Le dernier tableau aurait été acheté entre le mois d'août et le mois de décembre 2007 par un membre de la 'Ndrangheta pour une valeur 700 000 euros, cash ! On peut voir la photo de la transaction prise par les carabiniers lors d'une planque (Corriere della sera). Les clans de la ‘Ndrangheta qui accumulent de l'argent en pratiquant l'usure, l'extorsion et le trafic de drogue (1,5 kilos de cocaïne pure à 98% ont été saisis) réinvestissent dans l'achat d'œuvre d'art.
Pour l'instant, cet article est situé dans la catégorie « présence mafieuse dans le Nord ». Cependant, si les tableaux se révèlent être volés, l'article passera sous la rubrique «écomafias». En effet, les atteintes au patrimoine culturel sont nommées « archeomafia » et elles font partie des activités criminelles qui portent atteinte à l'environnement, les «écomafias».

PS : "Mettalica" parce que les mafieux rackettaient des entrepreneurs lombards qui avaient des sociétés de métaux...


par Falcone publié dans : Présences mafieuses en Italie du Nord
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Mercredi 9 juillet 2008
Depuis une quinzaine de jours, une trentaine de Roms (cinq familles) étaient revenus dans le quartier de Ponticelli dans la banlieue est de Naples. Il y a deux mois, les soldats de la Camorra avaient incendié leurs baraques et avaient contraint la puissance publique à intervenir (art. N°63. Les étrangers : instruments de la Camorra ). Les forces de l'ordre avaient évacué près de 700 Roms. En réalité, ils ont été dispersés dans la province de Naples.
Le 06 juillet, vers 20h, des habitants du quartier ont à nouveau incendié les baraquements encore viables. Les pompiers évoquent un incendie volontaire puisqu'il y a eu plusieurs foyers de départ de feu. Les policiers parlent d'un avertissement envers les Roms à peine revenus.
La consigne de la Camorra est "vous devez quitter les lieux". Les politiciens estiment qu'il faut assainire au plus vite les terrains...
Malgré le climat de terreur, certains Roms veulent rester. Pourtant leur sécurité n'est en rien assurée. Dans le quartier, les habitants sont armés de bâtons et de cocktails molotov. Seuls une politique d'accueil de ces citoyens européens peut améliorer la situation à Ponticelli.
La majorité au pouvoir propose de prendre les empreintes digitales des enfants roms. S'agit-il d'une première étape vers l'intégration de la communauté rom?
par Falcone publié dans : Camorra, mafia napolitaine
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Lundi 7 juillet 2008

L'article 41 bis du code de procédure pénal italien prévoit un régime carcéral strict pour les chefs mafieux. Cela permet d'isoler le mafieux de son milieu criminel, de ses complices et de lui enlever le pouvoir de commander sur son territoire. L'article 41 bis n'est pas un régime d'un emprisonnement inhumain. Les chefs mafieux ont le droit de voir leur femme et leurs enfants[1], sans parler de leurs avocats...
Cette limitation des visites permet, peu ou prou, aux enquêteurs de restreindre le pouvoir de nuisance du mafieux emprisonné. A ce jour, 566 chefs mafieux sont soumis aux règles de l'article 41 bis. Cela ne représente que 6,5% des mafieux emprisonnés...
Le mafieux veux bien aller en prison! Cela fait partie de son travail et lui donne du prestige. En revanche, il déteste perdre le contrôle sur sa famille mafieuse. Depuis l'introduction de ces normes, les familles mafieuses ne cessent de solliciter les politiciens pour qu'ils les éliminent. En 1993, les mafieux avaient commis des attentats pour mettre fin au 41 bis. Il semble qu'ils aient gagné leur bras de fer avec l'Etat.
En effet, depuis six mois, les tribunaux d'application des peines ont révoqué le régime d'emprisonnement strict à trente sept parrains. Parmi eux se trouvent quatre capibastone, des puissants chefs de ‘ndrines, familles mafieuses calabraises de la ‘Ndrangheta considérée comme la mafia plus dangereuse en Italie (art.
N°13. La 'Ndrangheta comme Al Quaida? ). Il y a également des « boss » palermitains qui ont décidé la mort des juges Falcone et Borsellino en 1992. Le dernier en date, se nomme Antonio Madonia. Il est le chef de la cosca, la famille mafieuse palermitaine de Resuttana (en photo). Jeune, Antonio Madonia a participé à l'assassinat du préfet Carlo Alberto Dalla Chiesa.
A chaque fois, les magistrats justifient leur décision de révocation par « il n'a pas été démontré que le détenu avait la capacité de maintenir encore des contacts avec l'association criminelle d'appartenance ».
Une réforme s'impose. Celle-ci serait basée sur la dangerosité du personnage et non plus sur sa capacité a garder le contact avec son clan.
On ne voit pas comment la majorité au pouvoir ferait cette réforme. En trois mois, elle vient de proposer :
- l'interdiction faite à la presse de publier les écoutes téléphoniques à disposition de la justice;
- l'immunité totale pour le président de la République, pour le président du Conseil constitutionel, pour les deux présidents du Parlement et pour le président du Conseil.
- la suspension de tous les procès en appel pour des délits punis par moins de 10 ans d'emprisonnement.


[1] Le Conseil constitutionnel n'a cessé de rogner sur les applications du 41 bis.

par Falcone publié dans : Légalité en Italie
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