Le rapport des services de renseignement italiens signale que les clans de la Camorra ont encore une très
grande capacité à infiltrer les administrations locales. C’est la raison pour laquelle, leur responsabilité est avérée dans la crise de la gestion des déchets.
Au moment où est rendu public le rapport, on apprend que le maire de la petite ville de Cervino a été assassiné.
Giovanni Piscitelli, 52 ans, était infirmier à l’hôpital de Caserta. Il était tête d’une liste de centre gauche. D’après les premières constatations, l’homme a été ligoté et enfermé
vivant dans sa voiture avant qu’on n'y mette le feu. Son corps a été retrouvé à moitié carbonisé à côte du véhicule. Les enquêteurs pensent que la victime a pu sortir du coffre, trop
tard. Le maire avait des antécédents pénaux pour abus de bien publique. D’après les journalistes de la Repubblica, les relations entre le maire et certains
fonctionnaires de la mairie était tendues. Le premier citoyen de la ville avait suspendu certains d’entre eux. Dans la province de Caserta, les administrations d’Etat sont soumises à de très
fortes pressions de la part des clans de la Camorra. Il est difficile de penser que ce meurtre ait eu lieu sans la participation d’un clan. Il faut espérer que ce crime ne restera pas
impuni.
Par rizzoli
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Publié dans : Légalité en Italie
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En Italie, les forces de l’ordre ne ménagent pas leur
peine pour réduire le poids de la mafia calabraise. Le 28 février 2008, à Benestare en Calabre, les carabiniers ont découvert un bunker destiné à protéger les mafieux "en cavale". La photo à
gauche représente l'entrée dun autre bunker.
Les militaires sont à la recherche d’un « super latitante », Antonio Pelle. Surnommé « Gambizza », ce chef de la ‘Ndrangheta de 72 ans est recherché depuis 2000 pour
effectuer une peine de 26 ans de prison. Le refuge en question est le troisième que l’on retrouve en quatre jours. D’après les sources officielles, l’étau se resserre autour du vieux
capo-bastone. La pièce de 12 mètres carrés est accessible à partir d'une trappe. Celle-ci se situe à l’intérieur d’un four ! Il reste à déterminer si le
bunker a été utilisé récemment.
Le 3 mars, à la demande de la direction provinciale antimafia (DDA), le parquet de Reggio a mis sous séquestre des biens appartenant aux 'ndrines Pelle-Vottari
et Nirta-Strangio de San Luca. Ces deux cartels de familles mafieuses calabraises se livrent à une faida qui a provoqué le massacre de Duisburg le 15 août 2007 (voir l'article n°6). Tant en
Calabre qu'en Lombardie, les magistrats ont mis sous séquestre des activités commerciales, des immeubles, des terrains, des polices d'assurance et des voitures de luxe. L'ensemble de ses
biens mafieux avoisinerait 150 millions d'euros.
La saisie est l'instrument juridique qui permet de priver provisoirement les mafieux de leurs biens mal acquis. Cependant, pour faire réellement reculer l'impunité, il faut un jugment définitif de confiscation. En 2006, l'une des dernières propositions du gouvernement de centre-droit dirigé par Silvio Berlusconi fut celle de limiter cet outil de lutte contre le pouvoir des mafias.
Rendez-vous le 15 avril ; les Italiens votent à nouveau.
Le 18 février 2008, dans la périphérie de Reggio en Calabre, les carabiniers spécialisés du Ros ont arrêté le
capo bastone Pasquale Condello, 57 ans, l’un des plus importants chefs
de la ‘Ndrangheta, la puissante mafia calabraise. D’après le ministre de l’Intérieur, Giuliano Amato, la dimension criminelle de Pasquale Condello équivaudrait à celle de Bernardo Provenzano, le
dernier chef corléonais de Cosa nostra sicilienne.
Dès les années
soixante dix, au cours de la première guerre de ‘Ndrangheta, le jeune chef de ndrine avait fait alliance avec la puissante famille De Stefano. Au cours de la seconde guerre de 1985 à 1991,
Pasquale Condello s’opposa au cartel De Stefano-Tegano-Libri pour rejoindre le cartel Imerti-Rosmini-Fontana. Cette guerre fit plus de 1 000 morts sans qu’un camp ne remporte une victoire
claire.
En 1989, Pasquale Condello augmente son prestige mafieux en commanditant un des
meurtres les plus importants de la ‘Ndrangheta, un « cadavre exquis » selon l’expression consacrée en Italie. Le 27 août 1989, l’ex Président des chemins de fer italiens, Ludovico
Ligato, est assassiné parce qu’il était proche du clan adverse. Originaire de Reggio, il avait fait une carrière politique à Rome est était devenu Président d’une des plus importante administration
d’Etat. Après une période de disgrâce, Ligato était revenu à Reggio pour créer une myriade de sociétés destinées à récupérer les fonds publics destinés à la Calabre. Pasquale Condello ne pouvait
pas laisser le groupe De Stefano rafler la mise. Depuis le début
des années 90, Pasquale Condello était « latitante » c’est à dire en cavale. La justice italienne le recherchait pour accomplir la peine de 4 condamnations à vie et vingt deux
ans de prison. Cette clandestinité ne l’a pas empêché pas de participer à des sommets mafieux. Pasquale Condello bénéficiait d’un vaste réseau de protection. Le patrimoine de ce
mammasantissima est estimé à 50 millions d’euros. Il est constitué, entre autres, d’immeubles et d’activités commerciales dans toute l’Italie. Au-delà des complicités familiales
surveillées pas la police, les personnes, en particulier celles chargées de gérer son patrimoine, sont les mieux placées pour avoir assuré cette longue impunité.
Comme
l’a souligné le procureur Franco Mollace, cette arrestation est le fruit d’une longue enquête. La collaboration d'un proche de Pasquale Condello s'est révélé indispensable. En 2004, déjà, la
police italienne avait arrêté les « super boss » Orazio de Stefano et Giuseppe Morabito. Avec celles de Pasquello Condello, de Bernardo Provenzano et de Sandro Lo Picolo, les forces de
l’ordre font reculer l’impunité en Italie. L’impunité est une des principales forces des mafias.
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