Vendredi 6 février 2009
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19:21
Il est 16h dans le centre ville Castellamare di Stabia, une petite commune du littoral napolitain. Le petit
« Luigi » 13 ans, est assis à côté de son père dans la voiture. « Boom, Boom ». Le gamin entend deux coups de feu et voit son père s'affaler sur le volant. La voiture dérive
et s'encastre lentement dans un magasin.
En réalité, Luigi Tommasino, 42 ans, conseiller municipal de gauche, vient de
recevoir 11 balles d'un 9 millimètres parabellum. Au départ, les enquêteurs sont pris dans une contradiction évidente. La violence et le professionnalisme du guet-apens contraste avec la faible
importance du personnage politique assassiné.
D'un côté, quatre tueurs professionnels sur deux « scooters » dont
deux en soutien (un témoin a identifié l'un d'entre eux comme étant un sicaire du clan d'Alessandro, le clan qui règne à Castellamare di Stabia). De l'autre, une victime considérée par les
enquêteurs, comme hors de toute connexion mafieuse. Le mobile de ce meurtre est donc peu évident même s'il semble se rapprocher d'un autre ( N°11. La vie politique en Campanie ).
A moins de considérer Luigi Tommasino comme un
« rompiscatole », un « empêcheur de tourner en rond » en français correct. Il était président d'une association pour la protection de l'environnement qui lutte contre
des travaux publics risquant d'altérer les sources hydriques de la côte sorrentine. Il tenait aussi un blog politiquement incorrect
puisqu'il y dénonçait l'excès de construction dans sa ville (http://blog.libero.it/STABIA/5732371.html).
Les enquêteurs ne croient pas que la Camorra tue pour un blog... dans ce cas,
la mafia napolitaine aura servi de bras armé à un centre de pouvoir supérieur. Des vérifications sont en cours.
Par Falcone
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Publié dans : Camorra, mafia napolitaine
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Lundi 2 février 2009
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18:50
Comme chaque année (voir 2008), l'Eurispes, l’institut européen des études politiques, économiques
et sociales des statistiques nous propose un état géo-économique des mafias. En 2008, les mafias italiennes ont engrangé 130 milliards d'euros, ce qui représente 10% de la richesse produite en
Italie.
La principale source d'accumulation illégale de capital sont le trafic de
stupéfiants (59 milliards d'euros), les écomafias (16 milliards d'euros), les armes et autres 5,8 milliards. Dans certaines
zones, 80% des commerçants payent encore le racket engendrant un chiffre d'affaire de 9 milliards pour les extorqueurs. L'usure fait un bon en avant avec 180 000 commerçants victimes recensés et
un chiffre d'affaire de 15 milliards d'euros. Le racket et l'usure permettent aux mafias de gagner 250 millions d'euros par jour. L'augmentation de l'usure peut-être mise en relation avec la
crise économique, une prévision vue sur ce site ( Epargne mafieuse et leçon de capitalisme ).
La grande disponibilité financière des mafias leur a permis, dans le cadre de
cette crise, de garder un contrôle sur les appels d'offre et dans l'infiltration de l'économie légale. D'après l'association des commerçants italien (Confesercenti), les clans investissent dans
le secteur du bâtiment (37, 5%), dans l'agriculture (20%), le tourisme (9 %), les commerces et la restauration (7,5%), en raison de la forte circulation d'argent qui caractérise ces
activités.
Les saisies de biens mafieux de la part de l'Etat italien témoignent de la
richesse des mafias. L'Etat italien a saisi 5,2 milliards d'euros, dont 2,9 milliards à la Camorra napolitiaine, 1,4 à la mafia sicilienne et 231 milions d'euros à la 'Ndrangheta
calabraise.
C'est là que le bât blesse. Car seuls 7% des biens mafieux sont saisis par les
forces de l'ordre... Par ailleurs, la faiblesse des saisies opérées contre la mafia la plus riche, la mafia calabraise ( N°66.
'Ndrangheta : mafia "numéro un" ) laisse pantois ( N°113. La confiscation : enjeu politique majeur
).
Ainsi, le gouvernement actuel a beau communiquer sur les nombreuses
arrestations de mafieux, rien n'est fait pour affaiblir réellement les mafias.
Tout d'abord, en Italie plus qu'ailleurs, les magistrats sont indépendants. Les nombreuses arrestations ne sont en rien le fruit d'une volonté politique
mais le résultat d'une action judiciaire sur le long terme. A contrario, en Sicile comme le stipule le juge antimafia Antonio Ingroia (en photo), les magistrats anticipent sur leurs deniers
propres pour payer le transfert des collaborateurs de justice (ces "repentis" indispensables pour lutter contre des sociétés secrètes) ! Depuis, le mois d'octobre, les robinets de l'Antimafia sont coupés : plus d'argent, plus de
photocopieurs, plus de fax et plus d'auxiliaire de justice (greffiers...). En face, les chefs mafieux diposent d'énormes ressources financières et ont à leur disposition les meilleurs
avocats.
Par Falcone
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Publié dans : Légalité en Italie
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Vendredi 30 janvier 2009
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17:42
Le 29 janvier 2009, l'Etat italien a gagné 3 millions d'euros. En effet, le centre opérationel de la Direction des
enquêtes contre la mafia de Reggio a confisqué (à titre définitif) le patrimoine d'Antonio Crea, 45 ans, un boss de la 'ndrine Crea. Les biens mafieux sont estimés à 3 millions d'euros. Les
magistrats ont révélé que l'entreprise mafieuse Crea s'imposait sur le marché par le biais de l'intimidation afin d'exclure les concurrents ou en investissant des capitaux illégaux. Les enquêtes
pointues des policiers ont permis de mettre en évidence la différence entre les revenus déclarés et le patrimoine mafieux.
Antonio Crea a été mis en cause dans le cadre de plusieurs enquêtes antimafias. Deux collaborateurs de justice (des "repentis") ont signalé le rôle hierarchique
important de ce mafieux. Antonio Crea serait un "vangelo "ou "evangelista"
Antonio Crea est le cousin de Teodoro Crea, chef de la 'ndrine, la famille mafieuse de Rizziconi qui a fait l'objet d'un excellent reportage diffusé sur arte. Dans ce documentaire, on peut suivre le quotidien des policiers qui enquêtent pendant 7 ans sur la famille mafieuse Crea. En sept ans : un
seul meurtre et la construction du plus grand supermarché de Calabre.
Afin de ne pas faire de l'Italie un stéréotype criminel, il convient de signaler que l'enseigne de cette grande surface n'est pas italienne...
Par Falcone
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Publié dans : 'Ndrangheta, mafia calabraise
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Lundi 26 janvier 2009
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16:57
Université de Paris I –
Panthéon-Sorbonne
PHD
graduate-political science
Fabrice RIZZOLI
THE ITALIAN MAFIAS AND THE END OF THE BIPOLAR WORLD
Relationships between politcians and mafias and criminal activities under the test of international
relationships
Thesis directed by président Jacques Soppelsa
Academic defense (viva) january the 22th 2009
Mention "très honorable" by unanimity of the members of the jury :
M. le professeur Charles Zorgbibe
M. le professeur Michel Carmona
M. le professeur Simon Petermann
Professore Giuseppe Muti
Mikhail Lebedev (Михаил Лебедев)
Abstract
In Italy, four mafia organisations take part in systematic
criminality. They are political entities constituted to fit social and economic surroundings. They exercise sovereignty on a territory. Anchored to their “home base”, where they wield absolute
power, the mafia organisations structure and perpetuate a violent and illegal system. They deal with a huge network of accomplices. They animate cultural schemes and benefit from a social
consensus coming from the population.
Italian mafias are vast scientific objects. They were born
with private property spreading at the beginning of the 19th century. Progressively, the underworld has grown in concomitance with the new modern Italian state born only in 1860. Over one
century and a half, politicians have used the mafias as a way to administer the South of Italy.
The end of a bipolar world has swept across Italy. It has
led to the fall of the political system based on mafia collusion. The first Italian Republic (1945-1992) was over. Immediately, the mafia lost the political and « military » power
included in the American containment strategy which consisted in preventing any of the free world countries to
fall to communism. Losing impunity and their official partner, the Sicilian mafia decided to find other ways.
Since the end of the antagonism between the two blocks,
the mafia’s power has been growing stronger. Italian mafias control their territories and have a transnational dimension. They embody this movement of knowledge, money, goods and person in
which the governmental actors are less and less frequent. The Mafias participate in the global and integrated economy. They reflect this new deal and the structural and systematic phenomenon of
the globalisation.
Keywords : geopolitic, Italy, mafias, State, gouvernance,
control of the territory, transnational, Cold War, globalization, drug
Par Falcone
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Publié dans : English article
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Dimanche 25 janvier 2009
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18:41
Università di Paris I –
Panthéon-Sorbonne
Dottoratto -Scienza politica
Fabrice
RIZZOLI
LE MAFIE ITALIANE E LA FINE DEL MONDO
BIPOLARE
Relazione
« politico-mafiose » ed attività criminale alla prova della relazione internazionale
Tesi condotta dal presidente
Jacques Soppelsa
Discussione il 22 gennaio
2009
Mention "très honorable" a
l'unanimità dei membri della juria :
Professore Charles Zorgbibe
Professore Michel Carmona
Professore Simon Petermann
Professore Giuseppe Muti
Mikhail Lebedev (Михаил
Лебедев)
Riassunto
La diffusione eccessiva della parola « mafia »
impedisce un approccio scientifico del fenomeno mafioso che riscuote o riguarda realtà eterogene. La mafia è un soggetto politico organizzato che si adapta ai cambiamenti sociali e economici.
La mafia esercita una sovranità su un territorio circoscritto. A partire di questo feudo territoriale, la mafia struttura e perpetua un sistema basato sulla violenza e l’illegalità. La mafia
gestice una vasta ramificata rete di complicita. Anima un codice culturale, con radici profonde ma anche flessibile per adattarsi ai cambiamenti. Gode di consenso sociale da parte della
popolazione. In Italia, quatro organizzazioni costituiscono un importante soggetto di studi scientifici.
L’analisi delle mafie nel contesto della storia
dell’Italia dimostra che le mafie sono uno strumento di « gouvernance » a disposizione dello stato italiano. Durante la guerra fredda, furonostate usate o utilizzate come forze di
containment contro il comunismo. In cambio, le mafie beneficiarano di una forte impunità. Con la fine della minaccia comunista, le relazioni politico-mafiose entrarono in una nuova
fase. Pressata dell’offensiva dei magistrati, la mafia siciliana scelse una strategia terrorista il cui obiettivo era di trovare dei nuovi referenti politici.
A partire della fine del antagonismo
tra i due blocchi, le mafie sono più sofisticate. In questo modo, possono resistere alle azione repressive delle forze dell’ordine. Controllano il loro territorio e hanno una forte
dimensione transnationale. Incarnano questo movimento, al di là delle frontiere, informazione, soldi e personni cui attori sempre meno degli attori dello stato. Adesso le mafie sono delle
protagoniste dell’economia mondiale integrata e sono l’immagine di questa nuova distribuzione geopolitica. Infine, studiare le mafie dimostra che vi sono dei fenomeni strutturali e sistemici
della mondializzazione.
Parola chiave : geopolitica, Italia, Stato, "gouvernance", controllo del territorio, transnationale, Guerra fredda, droga,
borghesia mafiosa
Par Falcone
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Publié dans : Articolo in Italiano
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