N°26. La ‘Ndrangheta s’offre un « cadavre exquis » avant les élections.

Publié le par rizzoli

 

Mercredi 26 mars 2008, à 10h du matin, sur la route entre Catanzaro et Lamezia Terme, une voiture s’approche d’une berline allemande. Au volant de celle-ci, Giuseppe Longo, un entrepreneur, reçoit deux coups de fusil en pleine tête. Il s’agit d’une signature mafieuse.

Giuseppe Longo, originaire de Soverato en Calabre, est l’administrateur de la Tecnovese qui opère dans toute la région. Il gérait le chantier de la route qui doit traverser la serre de Vibo qui sépare la côte ionienne à la côte tyrrhénienne. Le chantier est estimé à plusieurs dizaine de millions d’euros. La Tecnovese est aussi liée à la Sorical qui gèrent la distribution hydrique en Calabre.

Giuseppe Longo n’a pas de casier judiciaire mais il est très lié au monde de la politique. Son beau-frère, Francesco Severino est le chef des Démocrates de gauche (Ds) dans la ville de Soverato. Il est aussi candidat aux élections provinciales de Catanzaro.
             Première hypothèse : l’entrepreneur venait de remporter des appels d’offres que certains clans pensaient obtenir.

Deuxième hypothèse : le message de la ‘Ndrangheta aux politiciens[1].

L’heure du meurtre, à 10h du matin en plein trafic ; le lieu, une route nationale reliant deux grandes villes et l'utilisation du fusil signifie qu’en cas de victoire aux élections, la gauche n’a pas intérêt à remettre en cause les accords passés.

Pour la mafia, la violence est un langage.

D’ailleurs, le 6 février, la victime avait participé à une rencontre avec le ministre des infrastructures et l’assesseur au budget de la région Calabre. A  l’issu de la réunion, un financement de 138 millions d’euros a été accordé par Rome pour achever quatre lots de la route en question.

  D’autres crédits pour la Calabre ont été accordés récemment. Nous y reviendrons. Une lutte féroce a peut-être débuté au sein des clans comme à Crotone (cf. art. 23).



[1] En 2005, la mafia calabraise avait fait assassiner le vice Président de la région Calabre. Le meurtre avait eu lieu le jour des primaires organisées par la gauche pour désigner leur candidat aux élections de 2006 (cf. art. 1). Le meurtre avait eut lieu dans le bureau de vote et  en pleine journée. Le message était : « si vous gagner les élections, rien de doit changer ».

Commenter cet article