Lundi 2 février 2009
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Comme chaque année (voir 2008), l'Eurispes, l’institut européen des études politiques, économiques
et sociales des statistiques nous propose un état géo-économique des mafias. En 2008, les mafias italiennes ont engrangé 130 milliards d'euros, ce qui représente 10% de la richesse produite en
Italie.
La principale source d'accumulation illégale de capital sont le trafic de
stupéfiants (59 milliards d'euros), les écomafias (16 milliards d'euros), les armes et autres 5,8 milliards. Dans certaines
zones, 80% des commerçants payent encore le racket engendrant un chiffre d'affaire de 9 milliards pour les extorqueurs. L'usure fait un bon en avant avec 180 000 commerçants victimes recensés et
un chiffre d'affaire de 15 milliards d'euros. Le racket et l'usure permettent aux mafias de gagner 250 millions d'euros par jour. L'augmentation de l'usure peut-être mise en relation avec la
crise économique, une prévision vue sur ce site ( Epargne mafieuse et leçon de capitalisme ).
La grande disponibilité financière des mafias leur a permis, dans le cadre de
cette crise, de garder un contrôle sur les appels d'offre et dans l'infiltration de l'économie légale. D'après l'association des commerçants italien (Confesercenti), les clans investissent dans
le secteur du bâtiment (37, 5%), dans l'agriculture (20%), le tourisme (9 %), les commerces et la restauration (7,5%), en raison de la forte circulation d'argent qui caractérise ces
activités.
Les saisies de biens mafieux de la part de l'Etat italien témoignent de la
richesse des mafias. L'Etat italien a saisi 5,2 milliards d'euros, dont 2,9 milliards à la Camorra napolitiaine, 1,4 à la mafia sicilienne et 231 milions d'euros à la 'Ndrangheta
calabraise.
C'est là que le bât blesse. Car seuls 7% des biens mafieux sont saisis par les
forces de l'ordre... Par ailleurs, la faiblesse des saisies opérées contre la mafia la plus riche, la mafia calabraise ( N°66.
'Ndrangheta : mafia "numéro un" ) laisse pantois ( N°113. La confiscation : enjeu politique majeur
).
Ainsi, le gouvernement actuel a beau communiquer sur les nombreuses
arrestations de mafieux, rien n'est fait pour affaiblir réellement les mafias.
Tout d'abord, en Italie plus qu'ailleurs, les magistrats sont indépendants. Les nombreuses arrestations ne sont en rien le fruit d'une volonté politique
mais le résultat d'une action judiciaire sur le long terme. A contrario, en Sicile comme le stipule le juge antimafia Antonio Ingroia (en photo), les magistrats anticipent sur leurs deniers
propres pour payer le transfert des collaborateurs de justice (ces "repentis" indispensables pour lutter contre des sociétés secrètes) ! Depuis, le mois d'octobre, les robinets de l'Antimafia sont coupés : plus d'argent, plus de
photocopieurs, plus de fax et plus d'auxiliaire de justice (greffiers...). En face, les chefs mafieux diposent d'énormes ressources financières et ont à leur disposition les meilleurs
avocats.
Par Falcone
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Publié dans : Légalité en Italie
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